Panorama des serveurs J2EE

Le positionnement actuel des différentes solutions expliqué par leurs trajectoires respectives

Voilà déjà presque 15 ans que la plateforme J2EE a fait son apparition dans les systèmes d’information. De nombreux éditeurs se sont attelés à fournir des produits conformes aux différentes spécifications qui la définissent. Chacun y a apporté sa propre vision, mais tous se sont appuyés sur ce « contrat » commun qui représente aujourd’hui une norme reconnue. L’histoire des serveurs d’applications J2EE s’est ainsi déployée à partir d’une série d’hybridations, de rachats et d’innovations dont on peut tirer un panorama à grands traits.

Cette représentation est forcément arbitraire : le choix des acteurs et leur positionnement sont le fruit d’une vision subjective. Mais les arguments ne manquent pas pour les justifier…

Ainsi, ne sont retenus que des acteurs notables du marché actuel, suivant deux grandes familles : celle regroupant les offres commerciales et celle proposant des solutions Open Source. Ces acteurs sont sélectionnés comme représentatifs d’une certaine démarche, un peu à la manière des « types idéaux » que l’on emploie en sociologie pour bâtir un modèle de phénomène social et l’étalonner. A partir de ce modèle, je propose de tracer quatre types de trajectoire « historique », sachant que la réalité concrète de tel ou tel produit est une imbrication de plusieurs trajectoires où tel ou tel aspect se révèle plus ou moins déterminant.


La saga Weblogic-BEA-Oracle-Sun

Une première trajectoire peut être illustrée par le parcours d’Oracle dans le domaine J2EE qui aboutit à son acquisition récente des produits Weblogic et Glassfish. La société Weblogic développe initialement un serveur d’applications ciblant les architectures 3-tiers dédiées au Web autour d’éléments techniques comme le protocole de distribution T3, une collection de drivers pour bases de données et un conteneur pour composants EJB 1.0. En rachetant Weblogic, BEA dépose dans la corbeille son moniteur transactionnel, Tuxedo. L’acquisition de BEA par Oracle sonne le glas de OAS, son propre serveur J2EE conçu comme une extension du moteur de base de données bien connu. Enfin, pour ajouter à la collection, Oracle avale Sun, mettant ainsi à son catalogue le produit Glassfish, version récemment passée à l’Open Source de Java System Application Server.

La fondation Apache

Une deuxième trajectoire est constituée par celle de la fondation Apache, acteur majeur de l’Open Source, qui fournit, au-delà des plateformes techniques requises pour le développement collaboratif ouvert, un cadre formel pour la conduite de projets de ce type. Après qu’un certain nombre de projets orientés Java ait trouvé là un environnement adéquat pour prendre leur envol,  la fondation Apache s’est vue mandatée pour développer l’implémentation de référence de la spécification Servlet/JSP connu sous le nom de Tomcat. Cette implémentation se retrouve fréquemment « embarquée » par d’autres éditeurs qui contribuent en retour à ses évolutions. C’est le cas d’IBM ou de JBoss, entre autres. L’adjonction d’OpenEJB, le conteneur EJB issu d’Exolab, permet à la fondation Apache de fournir une solution complète J2EE depuis peu : c’est le serveur Geronimo.

Le monolithe IBM

Dans le monde J2EE, la spécificité d’IBM est représentée par WebSphere. C’est un produit « maison » dont la raison d’être initiale était d’appuyer la politique commerciale d’IBM autour de ses grands systèmes historiques et de leurs évolutions ultérieures telles que z/OS ou i/OS. Le premier effort d’IBM fut donc de porter la machine virtuelle Java sur ces plateformes et de constituer ainsi les bases d’une offre cohérente, en les ouvrant aux technologies issues du Web à partir d’un serveur J2EE disponible sur tous les OS IBM.

La start-up de l’Open Source

Enfin, dernier cas exposé ici, celui de JBoss : Il s’agit d’une société constituée autour du développement d’une solution Open Source pensée dès le départ comme 100% Java et modulable. C’est en quelque sorte l’issue logique du constat que J2EE représentait un changement majeur dans la façon dont pouvait se constituer les systèmes d’information, et que ce changement devait aussi se traduire par une nouvelle génération de produit faisant table rase de l’existant. En partant quasiment d’une page blanche et en alimentant les développements à la source des réflexions les plus récentes sur les bonnes pratiques pour une plateforme d’intégration généraliste, JBoss a imposé une solution innovante sur un marché qui proposait jusque là des solutions de continuité.

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